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On entend souvent parler de “bonne main” en équitation. Mais qu’est-ce que cela signifie vraiment ?

Pour beaucoup, une bonne main est une main douce. Pour d’autres, c’est une main légère. Pour d’autres encore, c’est une main qui ne tire pas, qui ne bloque pas, qui ne force pas.

Tout cela est juste. Mais cela reste incomplet.

Une bonne main est avant tout une main fixe. Et cette fixité est la condition de tout le reste.

Dressage club

La fixité ne signifie pas l’immobilité. Une main fixe n’est pas une main figée, crispée, verrouillée. C’est une main stable.

Une main dont la position reste constante et fiable, indépendamment des mouvements du reste du corps, indépendamment des réactions du cheval, indépendamment des situations rencontrées. C’est cette stabilité qui crée la qualité du contact.

Le contact, ce fil invisible entre la main du cavalier et la bouche du cheval, doit être régulier pour être compris. Si la main bouge en permanence, avance, recule, monte, descend, le cheval reçoit un flot d’informations contradictoires. Il ne sait plus ce qui est un signal et ce qui est du bruit. Il s’agite, s’appuie, ou s’échappe.

Dans tous les cas, il se défend contre une communication qu’il ne peut pas déchiffrer. Une main fixe, elle, offre quelque chose de précieux : un point de référence stable. Le cheval peut s’appuyer sur cette stabilité pour s’organiser, s’équilibrer, comprendre. Il sait où est la main. Il sait ce qu’elle lui dit. Et cette clarté lui permet de répondre avec justesse.

Mais la fixité des mains ne se construit pas dans les mains. C’est là l’erreur la plus fréquente. On cherche à fixer les mains en contractant les poignets, en bloquant les coudes, en rigidifiant les bras. Et l’on obtient exactement l’inverse : des mains dures, lourdes, qui pèsent sur la bouche du cheval sans jamais être vraiment stables.

distance saut de puce

La vraie fixité vient de l’équilibre général du cavalier. Des jambes qui enveloppent, d’un bassin qui accompagne, d’un dos disponible, d’une respiration libre. Lorsque le cavalier est équilibré sur sa selle sans chercher son équilibre dans les rênes, les mains peuvent être fixées naturellement, légèrement, sans effort.

Cette main fixe et légère est le résultat d’un corps organisé. Pas d’une volonté crispée.

Et c’est lorsque cette fixité s’installe que tout devient possible. Le contact devient régulier. La communication devient claire. Le cheval se détend dans sa bouche. Les aides les plus fines peuvent être transmises et comprises.

La fixité des mains n’est pas une fin en soi. C’est la condition qui permet au dialogue de s’installer. Et c’est ce dialogue qui transforme une équitation de force en une équitation de légèreté.