10 phrases qui font culpabiliser les cavaliers
sans les aider à progresser
Certaines s'entendent dans les carrières. D'autres viennent de cette petite voix dans notre propre tête. Toutes ont un point commun : elles disent ce qui ne va pas, sans jamais expliquer comment faire mieux.
Il y a des phrases que presque tous les cavaliers ont déjà entendues. Parfois prononcées par un enseignant. Parfois par un autre cavalier. Et parfois… par cette petite voix dans notre propre tête.
Le problème, ce n'est pas forcément qu'elles soient totalement fausses. Le problème, c'est qu'elles vous disent ce qui ne va pas, sans jamais vous expliquer comment faire mieux.
Et à force, elles peuvent transformer une difficulté technique parfaitement normale en : « Je ne suis simplement pas assez bon pour mon cheval. »
Voici 10 phrases que j'aimerais que l'on arrête d'utiliser pour faire progresser les cavaliers.
Peut-être que le cavalier participe effectivement au problème. Mais ensuite ? Une main trop dure, une jambe mal placée, un mauvais équilibre ou un manque de précision peuvent influencer énormément le cheval.
Le rôle d'un enseignant n'est pas simplement de vous dire que vous êtes le problème. C'est de vous aider à comprendre ce que vous faites, pourquoi cela provoque cette réaction chez votre cheval et surtout comment le modifier.
Celle-ci peut faire très mal. Parce qu'un cavalier peut monter depuis 10, 20 ou 30 ans et avoir encore des difficultés sur quelque chose qui paraît « basique ». Faire une transition correctement. Sentir si son cheval est droit. Obtenir une incurvation juste. Stabiliser ses jambes. Avoir une main indépendante.
Ce n'est pas parce qu'une notion est fondamentale qu'elle est facile. Et parfois, il suffit simplement que quelqu'un vous l'explique autrement pour débloquer quelque chose qui vous pose problème depuis des années.
Très bien. Mais comment ? C'est probablement l'une des remarques les plus frustrantes pour un cavalier qui sent justement que son cheval devient lourd. Il tire parce que son cheval s'appuie. Son cheval s'appuie davantage parce qu'il tire. Et progressivement, cavalier et cheval peuvent s'installer dans un cercle vicieux.
Dire « arrêtez de tirer » ne suffit pas. Il faut apprendre au cavalier comment retrouver une réponse à la jambe, rééquilibrer son cheval, agir avec sa main puis céder au bon moment.
Le cavalier le sait probablement déjà. Et c'est justement ce qui peut lui faire penser : « Mon cheval serait plus heureux avec un meilleur cavalier que moi. »
Pourtant, voir son cheval fonctionner avec un cavalier plus expérimenté devrait être une bonne nouvelle. Cela montre souvent que certaines choses sont possibles.
Oui, c'est possible. Nous gênons tous nos chevaux à certains moments. Avec notre équilibre, nos mains, notre assiette, nos jambes, notre timing… Mais encore une fois : où ? Quand ? Comment ?
Si vous vous penchez légèrement en avant dans une transition descendante et que cela complique le rééquilibrage de votre cheval, on peut travailler dessus.
Mais justement… Comment apprend-on à sentir ? Le ressenti n'est pas un don magique réservé aux bons cavaliers. Il se construit. On apprend d'abord à observer. Puis à reconnaître certaines sensations. À comparer. À expérimenter. À faire le lien entre une action et une réaction. Et progressivement, ce qui demandait énormément de réflexion devient presque automatique.
Dire à quelqu'un qui ne ressent pas encore quelque chose qu'il doit simplement « sentir » revient parfois à lui demander de connaître une réponse qu'on ne lui a jamais appris à trouver.
Cette phrase peut rapidement amener le cavalier à entrer dans un rapport de confrontation. Le cheval ne répond pas ? Il faut gagner. Il résiste ? Il faut être plus ferme.
Mais avant de conclure qu'un cheval « teste » son cavalier, on peut se poser beaucoup d'autres questions. A-t-il compris ? Est-il physiquement capable de répondre à cette demande ? La demande est-elle suffisamment claire ? Le cavalier a-t-il relâché son aide lorsqu'il a obtenu la bonne réponse ?
Alors le cavalier serre davantage. Puis encore davantage. Et quelques semaines plus tard, il se retrouve avec un cheval encore moins réactif… et des jambes épuisées.
Le véritable objectif n'est pas d'avoir plus de jambes. C'est d'obtenir davantage de réponse avec moins d'aide. Une jambe légère doit pouvoir provoquer une réponse. Et lorsqu'elle l'obtient, elle doit pouvoir redevenir discrète.
C'est probablement l'une des remarques les moins utiles qui existent. Parce qu'une position n'est pas seulement quelque chose que l'on regarde sur une photographie. Elle doit surtout permettre au cavalier d'être équilibré, d'accompagner le mouvement, d'agir avec précision, et de retrouver une certaine indépendance de ses aides.
Si vos jambes bougent, la question intéressante n'est donc pas seulement : « Comment les empêcher de bouger ? » Mais aussi : « Pourquoi bougent-elles ? »
Et peut-être que c'est la phrase qui résume toutes les autres. Parce qu'elle sous-entend : « Le cheval est suffisamment bon. Donc si ça ne fonctionne pas… c'est forcément vous. »
Mais l'équitation n'est pas une équation aussi simple. Un cavalier et un cheval doivent apprendre à communiquer ensemble. Ils ont chacun leur équilibre, leurs habitudes, leurs incompréhensions, leurs qualités et leurs difficultés. Et surtout, ils évoluent.
Vous n'avez pas besoin qu'on vous dise simplement ce que vous faites mal.
Vous avez besoin de comprendre pourquoi cela ne fonctionne pas encore.
Dans les deux cas, on reconnaît que le cavalier a une influence. Mais dans le deuxième, on lui donne surtout quelque chose de beaucoup plus précieux : une possibilité de progresser.
Vous n'avez pas besoin d'être parfait pour être un bon cavalier. Vous avez besoin de continuer à observer, comprendre, ressentir, essayer, parfois vous tromper… puis recommencer un peu mieux.
Parce qu'au fond, progresser à cheval, ce n'est pas réussir à ne plus jamais faire d'erreur. C'est devenir progressivement capable de comprendre ce qui se passe entre votre cheval et vous… et savoir quoi faire pour l'améliorer.
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