Ce que j'ai perdu
en quittant la Garde Républicaine
À la Garde, des dizaines de cavaliers olympiques répondaient à la moindre question. Le jour où je me suis retrouvé seul en Normandie, j'ai compris ce que j'avais vraiment perdu — et pourquoi ça devait changer.
On ne mesure pas ce qu'on a tant qu'on ne l'a pas perdu. Pendant mes années à la Garde Républicaine, j'avais accès à quelque chose d'extraordinaire — et je ne m'en rendais pas vraiment compte sur le moment. C'est normal. Quand c'est là tous les jours, on finit par trouver ça naturel.
Ce quelque chose, c'était l'accès permanent à une expertise collective d'un niveau qu'on ne trouve nulle part ailleurs en dehors des grandes structures militaires ou des centres d'entraînement olympique.
Quand l'expertise était au bout du couloir
Chaque matin à la Garde, c'était la même organisation. On consultait le tableau — les chevaux du jour, les montées prévues. Et on descendait dans les cours avec les CT1 et CT2, les chefs de travail, qui indiquaient les exercices à faire pour faire progresser tel ou tel cheval.
Mais au-delà de ce cadre structuré, il y avait quelque chose de beaucoup plus précieux encore : quand on avait une difficulté avec un cheval, on n'était jamais seul face à elle. Des dizaines de cavaliers étaient là — certains avaient représenté la France aux Jeux Olympiques — et on pouvait les approcher librement. "Comment tu travaillerais l'équilibre de Galan ?" "Quel exercice pour aider Furiel à engager davantage ses postérieurs ?" "Comment aider Irina à s'incurver ?"
Ces conversations informelles, dans les couloirs de l'écurie ou en bord de carrière, représentaient en réalité une formation continue d'une richesse inestimable. Chaque problème avait une réponse experte à portée de voix.
Je n'avais pas conscience de la chance que j'avais. On ne mesure pas l'extraordinaire quand il fait partie du quotidien.
— Simon LaforêtLe choc du vide
Quand je me suis installé en Normandie pour gérer mon propre centre équestre, la réalité m'a rattrapé très vite. Plus de collègues à qui poser une question. Plus de CT1 pour orienter le travail. Plus de cavalier olympique disponible pour décortiquer un problème de résistance ou suggérer l'exercice adapté à une difficulté précise.
Il y avait moi, mes chevaux, ma carrière — et un silence que je n'avais jamais vraiment connu avant. Ce silence n'est pas agréable quand on a une problématique avec un cheval et qu'on ne sait pas exactement quoi faire. La frustration monte vite. Le sentiment d'être seul face à un mur, sans les bons outils pour le franchir, est l'une des expériences les plus décourageantes qui soit pour un cavalier passionné.
Je pense sincèrement qu'il n'y a pas grand-chose de plus frustrant dans notre sport que de se retrouver seul dans une carrière, de sentir que quelque chose ne fonctionne pas avec son cheval — et de ne pas avoir de réponse claire sur comment y remédier.
Le carnet — et les coups de téléphone
"Je me suis tout simplement acheté un carnet. Dans lequel, très rapidement, j'ai noté tous les exercices dont je me souvenais. Et je ne vous cache pas que de temps en temps, j'envoyais un texto ou un mail à un ancien collègue : 'Tu te rappelles, tu m'avais fait travailler un exercice pour faire telle chose à l'obstacle — est-ce que tu peux me redonner les éléments ?'"
Ce carnet est devenu un réflexe de survie pédagogique. Chaque exercice retrouvé dans ma mémoire, chaque conseil récupéré auprès d'un ancien collègue, y trouvait sa place. Pas par souci d'archivage — par nécessité pure. Parce que face à un cheval difficile, dans une carrière normande un matin d'hiver, avoir la bonne fiche d'exercice à portée de main, c'est la différence entre une séance productive et une séance qui finit dans l'impasse.
Pourquoi j'ai créé les fiches d'exercices TDSE
C'est directement de cette expérience qu'est né le programme de fiches d'exercices TDSE. Non pas comme un produit construit à froid — mais comme la réponse à un besoin que j'avais vécu personnellement, et que je savais partagé par des milliers de cavaliers dans la même situation.
Parce que la vérité, c'est que la grande majorité des cavaliers propriétaires ou amateurs sont exactement dans cette position : ils montent souvent seuls, sans entraîneur présent à chaque séance, sans structure collective autour d'eux. Ils ont la passion, ils ont les chevaux, ils ont la volonté de progresser — mais ils n'ont pas toujours les bons exercices au bon moment pour résoudre le bon problème.
Les fiches d'exercices TDSE, c'est ce carnet de la Garde Républicaine — mis en forme, illustré, organisé et accessible à tous. Chaque fiche est une réponse à une problématique concrète. Chaque vidéo de démonstration a été réalisée avec des cavaliers de niveau amateur — parce que ce sont leurs difficultés, pas celles des cavaliers olympiques, que vous retrouverez dans votre quotidien.
Se retrouver seul dans sa carrière sans savoir quoi faire pour aider son cheval à progresser — c'est exactement la frustration à laquelle ces fiches répondent. Je l'ai vécue. Je sais ce que ça fait.
— Simon LaforêtUne problématique identifiée, un exercice détaillé pas à pas, les points de vigilance pour bien l'exécuter, et une vidéo de démonstration avec un cavalier amateur pour que vous puissiez visualiser concrètement ce que ça donne — et vous y reconnaître. Parce que voir un exercice exécuté parfaitement par un cavalier de très haut niveau n'aide pas autant que de le voir réalisé par quelqu'un qui ressemble à vous et à votre cheval.
La Garde Républicaine m'a tout appris. Mais c'est le silence de ma carrière normande qui m'a poussé à tout partager. Parce que personne ne devrait rester seul face à une difficulté avec son cheval — surtout quand les réponses existent.
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Le carnet de la Garde
accessible à tous
12 ebooks complets réunissant les exercices, les méthodes et les programmes que Simon Laforêt a construits au fil de ses années à la Garde Républicaine et de son expérience de coach — pour que vous ne soyez plus jamais seul dans votre carrière.
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