L’hiver est une période exigeante pour l’organisme du cheval. La baisse des températures, l’humidité, les sols plus profonds et la diminution des sorties au pré modifient profondément son fonctionnement physique et mental.
Avant même de penser au contenu de la séance, évaluer l’état général de son cheval devient une étape essentielle pour adapter le travail, préserver sa santé et maintenir une progression cohérente.
Trop souvent, on aborde une séance avec les mêmes attentes qu’en été, sans tenir compte de ces paramètres. Pourtant, un cheval qui lutte pour maintenir sa température corporelle, qui a perdu un peu d’état ou qui manque de confort ne pourra ni se concentrer, ni se mobiliser correctement.
L’impact de l’hiver sur l’organisme du cheval
En hiver, le cheval dépense davantage d’énergie pour se réchauffer. Cette dépense calorique supplémentaire peut rapidement entraîner une perte d’état, surtout chez les chevaux sensibles, âgés ou travaillant régulièrement.
L’humidité et le froid peuvent également accentuer les raideurs articulaires et musculaires, rendant le début de séance plus délicat.
Sur le plan mental, un cheval moins sorti, plus souvent au box ou sur des paddocks restreints, peut aussi montrer des signes de tension, de fatigue morale ou au contraire d’excitation. Tous ces éléments doivent être pris en compte avant d’exiger un réel engagement dans le travail.
Adapter l’alimentation du cheval : une base incontournable
L’alimentation joue un rôle clé durant la période hivernale. Le cheval produit de la chaleur principalement grâce à la digestion des fibres. Augmenter la quantité de fourrage est donc souvent plus pertinent que d’augmenter brutalement les concentrés.
Les aliments concentrés (granulés, floconnés) doivent être ajustés en fonction de l’intensité réelle du travail. Un cheval peu travaillé n’a pas besoin d’un apport énergétique excessif, au risque de créer de la tension ou de l’inconfort digestif. À l’inverse, un cheval qui continue à s’entraîner régulièrement peut nécessiter un ajustement précis pour éviter une perte d’état.
L’objectif n’est pas de nourrir “plus”, mais de nourrir “mieux”, en cohérence avec la saison et le travail demandé.
Surveiller la condition physique de votre cheval avec attention
En hiver, la condition physique peut évoluer très rapidement. Une légère perte d’état peut passer inaperçue sous un poil épais, d’où l’importance de palper régulièrement les côtes, le dos et l’encolure.
Un cheval qui perd de l’état, qui semble moins énergique ou qui récupère plus difficilement après l’effort envoie des signaux qu’il ne faut pas ignorer.
Dans ces situations, échanger avec le gérant de l’écurie, un vétérinaire ou un professionnel de l’alimentation permet souvent d’éviter des déséquilibres plus importants.
Observer son cheval avant même de monter
Avant la séance, quelques minutes d’observation sont précieuses. L’attitude générale du cheval, sa façon de se déplacer à pied, son expression, sa disponibilité donnent de nombreuses informations. Un cheval raide, éteint ou au contraire excessivement tendu nécessitera une approche différente qu’un cheval détendu et volontaire.
Cette observation conditionne le déroulement de la séance : durée de la détente, intensité du travail, objectifs à privilégier. En hiver, il est souvent plus judicieux de viser la qualité du fonctionnement plutôt que la quantité d’effort.
Adapter la séance d’équitation à l’état du jour
Évaluer l’état général de son cheval, c’est accepter que toutes les séances ne se ressemblent pas. Certains jours seront consacrés à la mise en route, à la souplesse et à la décontraction, d’autres permettront un travail plus exigeant. Cette capacité d’adaptation est la clé d’une progression durable et respectueuse du cheval.
Un cheval bien accompagné en hiver est un cheval qui abordera le printemps en meilleure condition physique et mentale, prêt à reprendre un travail plus soutenu sans risque de surcharge ou de blessure.
